Mondes Emergents

Another BRICS in the world...

dimanche 27 mars 2011

Le cinéma indien, Tour de Babel ou marché émergent ? (1)


Jim Carrey dans le prochain Shekhar Kapur !

C'est le genre de couverture auquel « Première » et « Cinéma » devraient s'attendre dans les années à venir.

Encore récemment, c'est Steven Spielberg qui faisait sensation en annonçant sa collaboration avec le conglomérat indien « Reliance ADA ».

Oui, Hollywood et Bollywood travaillent ensemble, au point de ne pas savoir lequel a piqué le nom de l'autre en premier....

La raison est simple, le cinéma indien évolue. Plutôt, le marché du film indien s'étend. Vers ses voisins d'abord, en Asie ensuite, et désormais aux États-Unis.

Ça y est, vous arrivez à voir Jim Carrey avec un Bindi sur le front ?

L'ouverture à l'international
Le marché indien fait figure d'exception parmi les émergents. Relativement fermé sur les grands secteurs (distribution, énergie, finance), l'industrie du divertissement s'est ouverte très tôt aux investissements étrangers.

C'est en 1991 que le mouvement est lancé. En 1992, l'interdiction de sous-titrer les films est levée. Avec une population majoritairement analphabète et non-anglophone, la barrière ressemblait plus à un rempart...

Des groupes comme News Corp débarquent alors, attirés par l'ampleur du marché et l'importance du cinéma.

La déferlante des blockbusters endiguée
Ce mouvement contraste fortement avec la fermeture de pans entier de l'économie (la distribution multimarque est carrément interdite aux étrangers).

Habituellement, un secteur ne s'ouvre pas à la concurrence s'il n'a pas un avantage compétitif à l'international (ou alors c'est un ordre de Michel Camdessus ou de DS...). Est ce que l'industrie indienne du film se sentait assez forte pour pouvoir rivaliser avec les géants américains ?

Quoiqu'il en soit, les majors hollywoodiennes sont arrivées sur les écrans indiens, les classes moyennes citadines dans le viseur. L'échec fut immédiat.

Les studios américains ne digèrent pas les épices
En s'aventurant en Inde, les studios américains affrontaient un pan de la culture indienne adossée à plus de 60 ans d'histoire. Plus difficile à oublier qu'un film de Sundance...

Surtout, les studios concurrençaient une culture du cinéma profondément populaire, ce que l'on a appelé le cinéma masala. Le masala, c'est un mélange d'épices. Par extension, il désigne les films où l'on trouve de la danse, des chansons, du drame, de l'action et du romantisme....bref, la caricature du film dit de « Bollywood ».

C'est cette puissance du marché locale qui est apparue comme la principale force du secteur. Et aussi sa principale faiblesse...

La Tour de Babel du cinéma
La même cause a longtemps empêché le marché indien de s'internationaliser et les hommes de toucher le ciel : la Langue !

Associer Bollywood au cinéma indien a autant de sens que réduire la gastronomie française à la tête de veau, pourtant excellente... Chaque région produit ses propres films en fonction de sa langue. Au coté de Bollywood, on trouvera pêlemêle Mollywood, de l'État du Kerala, Tollywood, le cinéma bengalî, ou encore Kollywood, à Chennai (ancienne Madras).

Cette particularité, associée à des barrières tarifaires fortes pour les films étrangers, a longtemps isolé le cinéma indien des influences étrangères. Isolé oui, jusqu'à aujourd'hui...

A suivre...


vendredi 18 mars 2011

La Chine sauvera t-elle la "renaissance" du nucléaire ?



Chaque jour les « Une » de nos journaux se font de plus en plus tranchantes sur la question. Fin du nucléaire, divorce avec les marchés, survie de l'Atome, le nucléaire semble condamné.

Et embraient les opposants historiques au secteur, au son des « c'est pas faute de vous l'avoir dit ! »

Dans l'autre camps, le défenseurs du nucléaire se réfugient derrière un mot : Audit !

Clarté, transparence et honnêteté, les dirigeants se raccrochent à cette sainte trinité comme on se réfugie dans la prière lorsque l'on reçoit sa première feuille de paie (j'ai payé ce jour là mes longues années d'agnosticisme...)

Malgré ces vœux de sureté, le nucléo-scepticisme semble s'installer...en Europe.

Tchernobyl est dans toute les têtes. Pourtant la comparaison est loin d'être évidente.

L'accident de 1986 avait fait prendre conscience des dangers de l'atome. Une nouvelle génération de militants verts était ainsi rentrée en politique. Les gouvernements n'ont alors plus eu le choix. Ils ont donné un brutal coup de frein à leur programme nucléaire et les acteurs de l'atome ont sabré dans les effectifs et la R&D. Accessoirement, j'avais été privé de thym et de lait (particulièrement radioactifs) pour mes repas. N'ayant que 2 ans à l'époque, j'avais relativement bien supporté ces privations...

La glaciation des programme avait été permise par le contexte internationale. Le contre-coup du choc pétrolier avait fait sombrer le baril en dessous des 20$. Le gaz naturel était également en pleine chute. La transition était donc possible économiquement.

En 30 ans, c'est fou comme le monde a changé.

Une chose a changé en particulier, la Chine !
La « renaissance » du nucléaire est annoncée depuis quelques années. D'Allemagne, d'Italie, ou d'Europe de l'Est, nous nous réjouissons de voir des bataillons d'ingénieurs en herbe venir en France se former aux rudiments du proton et du notron... 

Pourtant, l'Europe ne fait rien à l'affaire. La « renaissance », ce sont les émergents qui l'ont faite. Et ce sont eux qui décideront de sa poursuite...

Depuis 2000, sur les 37 nouvelles centrales construites, 28 se trouvent chez les émergents. Pire, sur l'ensemble des projets prévus pour les 10 prochaines années, les pays du G7 sont responsables de seulement 3% d'entre eux ! 

C'est bien sur l'Asie qui tire le secteur.

En début de semaine, Pékin s'est rangé prudemment du coté des « auditeurs ». Un « examen exhaustif » de toutes les centrales a été lancé. Mais tout indique que la Chine n'a aucun intention d'abandonner son programme nucléaire. Elle ne le peut pas de toute façon...

Pékin a de moins en moins le choix de sa politique énergétique. Sa croissance incandescente, conjuguée à l'arrivée de 300 millions de nouveaux urbains d'ici 10 ans, va continuer de faire décoller ses besoins énergétiques. Si vous ajoutez les risques de la pollution, elle pourrait couter entre 6% et 10% de PIB, le calcul est simple :

Exode rurale + Pollution menaçante + Expansion économique = 

                                           E . P . R !

Le nucléaire est la clef de voute de la politique énergétique chinoise. Il lui permettra de réduire sa consommation d'énergie fossile tout en attendant que les technologies du renouvelable soient matures.

Si vous doutez encore des intentions chinoises, ce dernier détail est pour vous. Alors que l'« équipe de France » du nucléaire (l'équipe de 2010, pas de 1998) se met en ordre de bataille pour vendre son EPR de 3e génération, la Chine vient tout juste d'annoncer la construction d'un réacteur 4e génération !

vendredi 11 mars 2011

Les Révolutions arabes signent elles l'échec du consensus de Pékin ?


La réalité d'une Révolution proprement Arabe semble prendre forme jour après jour. Mais il ne faut pas se tromper. Ce ne sont pas les manifestations de la place Tahrir qui ont amené le changement de société, c'est le changement de société qui a amené la place Tahrir.

Je ne crois pas aux Révolutions Spontanées, comme je ne crois pas qu'il suffise d'envoyer sa lettre de motivation pour diriger Areva (bon, je l'ai envoyé quand même, sur un malentendu....)

C'est là que la thèse devient intéressante (je vous laisse juger de l'impartialité de ce dernier commentaire...). Intéressante pas forcément par les réponses qu'elle apporte, mais par les questions qu'elle pose. Karl Jasper considérait que « les questions sont plus essentielles que les réponses ». ça m'arrange bien, j'ai peu de réponse.....

Qu'est ce qui a changé si radicalement dans ces pays pour qu'un jour, la population décide de contester le pouvoir ?

En bon économiste de non-formation, je crois que l'économie a été un des facteurs majeurs qui a permis de faire bouger les lignes.

Les dictatures arabes, victimes de leur succès
Vous saviez que l'Égypte et plusieurs pays du Golfe faisaient partis des pays néo-émergents jusqu'en janvier dernier ?

L'Égypte avait même été officiellement intégrée dans un de ces acronymes qui réjouissent les financiers et soulagent les maquettistes des Echos. Michael Geoghegan, président d'HSBC, probablement partenaire de scrabble de Jim O'Neil, avait sorti l'acronyme « CIVETS ». Dans ce nouvel ensemble de pays émergents, le « E » désignait l'Égypte.

Le premier enseignement que j'en retire, c'est que l'émergence est un concept bien plus globale qu'un simple indice de richesse. Le deuxième, c'est que les dictatures ne sont pas capables de gérer un pays émergent.

Or la moitié de l'humanité est considérée comme « émergente » !

Si cette incompatibilité entre autoritarisme et émergence se vérifie, je connais un grand nombre de pays qui ont du soucis à se faire.

Le cocktail Dicature + Emergence a d'ailleurs un nom. C'est la définition même du « consensus de Pékin ».

La première concernée, la Chine et ses 11% de croissance, est bien consciente de la précarité de sa situation. Le pouvoir laisse régulièrement se déchainer sur Internet les campagnes anti-corruption pour éviter les explosions de colère dans la rue. Au passage, depuis quelques semaines, le PCC a arrêté de comptabiliser ces révoltes devant leur multiplication....

Ce phénomène n'affecte d'ailleurs pas seulement les dictatures. Le mouvement Naxalite en Inde, mouvement communiste révolutionnaire, ne s'est jamais mieux porté depuis que New Delhi enregistre 8% de croissance par an. L'énorme scandale actuel dans l'industrie des télécoms pourrait très bien servir de détonateur à un mouvement de révolte.

La question qui me permettra de finir sans apporter la moindre réponse est celle-ci : Est ce que les régimes autoritaires ou corrompus peuvent survivre à leur propre émergence ?

A votre bon cœur...

samedi 5 mars 2011

Les révolutions arabes, ou l'émergence d'un monde multipolaire

Depuis bientôt 2 mois, les populations arabes réveillent leur gouvernement à grands coups de manifestations géantes et de « tweeting » intensifs.

Le mouvement est abondamment commenté. « Historique », « Fondateur »......nous rivalisons tous de lourdeur pour louer ce soi-disant réveil des populations arabes.

Je crois que nous célébrons trop bruyamment des révolutions que nous ne comprenons pas. Sous un vernis moyen-oriental, notre analyse se résume à comparer ces mouvements à notre propre histoire.

« Printemps arabe », « casse toi pauv'con », enfin un vocabulaire que l'on connait ! Nous oublions que c'est le notre….

Nous commentons ces révolutions comme si nous nous regardions dans un miroir, et en plus, nous applaudissons.

Comme le remarquait Nabokov dans « la Méprise » (lisez Nabokov, évitez « La Méprise »), il est toujours plus facile de repérer les ressemblances que les différences.

Alors essayons de parler des différences. De toute façon, depuis que mon père a trouvé que je ressemblais à Raymond Marcellin, j'ai arrêté de chercher les ressemblances...

Les pays étrangers nous serons de plus en plus étrangers

Si les manifestants ont emprunté certains de nos codes révolutionnaires, leur ambition profonde reste de se réapproprier leur pays.

Je ne sais pas si la « démocratie » ou la « laïcité » seront célébrées par l'Egypte ou la Tunisie dans les années à venir. Mais quoiqu'il en soit, les régimes qui s'installeront dans ces pays seront plus « égyptien » et plus « tunisien » que les précédents.

Finalement, ces révolutions consacrent nos différences. Elles viennent de mettre un terme au monopole du modèle occidental. Un grand gouffre vient de s'ouvrir devant nous. Les dictatures laïques ne nous étaient au fond pas si étrangères. Nous savions comment traiter avec elles. Seront nous capable de nous adresser à un gouvernement islamique par exemple ? Nos bredouillements devant le gouvernement turc nous a donné un premier aperçu, et je ne parle pas de notre paralysie devant l'Iran....

Après l'émergence économique, voici donc venu le temps de l'émergence des valeurs et des intérêts.

Bienvenue dans un monde « multipolaire » !

Ce concept dont nous parlons tant et qui nous fait si peur....

lundi 28 février 2011

Les banques chinoises à l'assaut des marchés occidentaux



Ces dernières années, la Chine a fait le plein de matières premières. Pétrole, gaz, minerais...tout y est passé. L'Afrique a été son principal terrain de jeu.
Aujourd'hui, Pékin amorce un nouveau virage. La Chine regarde vers l'Europe et les États-Unis. Elle vient d'envoyer ses meilleurs éclaireurs : Ses banques.

Elles viennent de poser le pied à Paris, Madrid ou encore Los Angeles. 

En s'implantant à l'étranger, ce banques vont servir de plate-forme aux investissements chinois.

N'ayez pas peur ! Regardez plutot les opportunités que cela nous procure : Nous avons désormais un accès direct au marché chinois. Et au premier d'entre eux, le marché monétaire...
 
Le précédent africain : l'appel des 
matières premières Vous vous rappelez du fantasme de la Chine-Afrique ? Il s'était créé après que tous les pays africains se soient mis à commercer avec la Chine.

Dans sa stratégie, la Chine avait une arme secrète : ses banques.
En 2008, la plus grande banque chinoise de prêt, « Industrial & Commercial Bank of China » (ICBC) est arrivée en Afrique du Sud. Elle a investi 5.5 milliards de dollars pour acquérir 20% de la banque sud-africaine « Standard Bank ». Celle-ci était la plus grande institution prêteuse du continent. 

Les deux banques ont ainsi formé des dizaines de JV, et accordées de multiple prêts sur tout le continent.

Ce précédent servira de modèle pour le prochain rapprochement entre les banques occidentales et chinoises.

La Chine veut désormais faire son marché dans les pays développés Ivre de matières premières, la Chine veut passer au stade suivant : les marchés développés.

C'est la course aux matières premières qui a poussé les premiers groupes chinois à s'internationaliser. Les énergéticiens comme « CNOOC » sont ainsi devenus des champions de taille internationale.

Aujourd'hui, la Chine monte en gamme, ce qui accroit ses besoins. Toutes les compagnies chinoises sont donc prêtes à investir sur nos marchés. 

La Chine mise sur la croissance de l'Europe... 
Pékin a commencé à dévoiler ses centres d'intérêt. Volvo ou le port du Pirée en savent quelque chose. Et le mouvement ne fait que commencer... 


Ne vous laissez pas aveugler par le pessimisme ambiant, la Chine croit en l'Europe. Rappelez vous que le continent européen est son premier partenaire commercial. 

L'Europe apparaît aussi plus sérieuse que les États-Unis. Par exemple, Pékin apprécie le scepticisme européen devant le QE2 américain... 

Mais avant que les groupes chinois ne déferlent sur l'Europe, leur financement doit être assuré. Les banques se préparent donc déjà à l'assaut. 

...et sur sa faiblesse actuelle 
Les banques chinoises ont actuellement une fenêtre de tire idéale pour s'implanter en Europe. De nombreuses banques européennes sont en difficulté. Pékin pourrait choisir d'''aider'' ces banques. 

L'opportunité est d'autant plus grande que les banques européennes ne bougeront pas. Elles ont trop besoin de rassurer les marchés et de se rassurer sur leur solidité. 

Du coup, la Chine occupe le terrain. La banque ICBC vient d'ouvrir des représentations à Paris, Bruxelles, Amsterdam, Milan et Madrid. 

Les banques européennes dans le viseur de Pékin 
Les chinois s'intéressent de près au mouvement de consolidation bancaire européen. La banque « West LB » serait dans l'optique de Pékin. 

De même, la Chine pourrait profiter de la prochaine privatisation des banques anglaises « Royal Bank of Scotland » et « Lloyds Banking ». 

Les chinois avancent avec précaution 
Pour l'instant, la Chine marche sur des œufs. 

Les chinois sont terrorisés à l'idée de reproduire l'affaire « Unocal ». En 2005, la Chine avait voulu racheter un énergéticien américain. Le Congrès américain avait alors bloqué l'opération, dénonçant une menace contre la souveraineté du pays. 

Mais les mentalités ont évolué. Les européens et les américains voient d'un meilleur œil l'arrivée des investisseurs chinois. Désormais, la Chine ose racheter des banques américaines 

La Chine s'installe aux États-Unis 
Le leader « ICBC » a mis la main en janvier sur 80% des parts de la banque américaine « Bank of East Asia ». « ICBC » rejoint donc « Bank of China », déjà bien implantée dans le pays. 

Comme en Europe, le contrôle de « Bank of East Asia » est stratégique. Il servira avant tout de tête de pont pour les entreprises chinoises voulant s'implanter aux États-Unis. 



Le Yuan, bientôt disponible dans les meilleurs banques 
Ces mouvements dissimulent une ambition bien plus importante : L'internationalisation de la monnaie chinoise. 

Pékin a clairement montré des signes forts allant dans cette direction. En 2010, une première étape a été franchie avec la régionalisation du yuan, au sein de l'ASEAN.

Depuis janvier, on est rentré dans la deuxième étape. « Bank of China » permet désormais d'ouvrir un compte en yuan aux États-Unis.

On est ici face à l'enjeu majeur de l'année à venir : L'internationalisation du Yuan.

« ICBC » et « Bank of China » seront en première ligne lorsque Pékin décidera d'ouvrir les vannes monétaires. 

En attendant, la Chine avance ses pions, tranquillement...

mercredi 23 février 2011

L'Inde perdra bientôt son monopole dans les SSII





Dans le film « Slumdog Millionaire », le passionnant recueil d'idées reçues sur la société indienne, Danny Boyle ne pouvait passer à coté de la sous-traitance des services informatiques. 

Aussi visible qu'un moine tibétain dans une réunion d'actionnaires du CAC 40, ce secteur de l'activité indienne représente 60% du PIB indien.

Ce qui est étonnant avec ce succès, c'est qu'il semble défier les règles de la théorie économique du développement.

Récemment, un économiste expliquait que la croissance des économies asiatiques dans les années 1990 avait donné un cours d'économie à l'ensemble de la profession. La croissance de l'Inde, très différente de celle de l'Asie du sud est, pourrait en donner un autre.

Passer directement d'une économie agricole et sous-développée, à une activité de service, ça revient à entrer à Harvard en apprenant le nombre de lettres de l'alphabet.....26 si mes souvenirs sont bons.

Alors plongeons nous 3 lignes sur cette réussite. Une des explications avancées, parmi d'autre, serait la capacité qu'à toujours eu l'Inde de conserver une élite éduquée.

Malgré la pauvreté, malgré la proximité du matérialisme historique soviétique, une classe sociale a toujours conservé la liberté d'étudier.

Cette classe, c'est celle des Brahmanes.

L'explication est simple. Leur position sociale a toujours été préservée grâce à un élément : la société de castes. J'utilise « simple » par pur effet de langage, la société de caste est peut être une des organisations sociales les plus complexe qui soit.

Grâce à cette stratification rigide de la société, plusieurs universités sont devenues des centres d'excellence, comme le ITT ou le IIM, pendant que le pays essayait péniblement de sortir du sous-développement. C'est encore cette caste de lettrés qui a été le support de la politique de tertiarisation de l'économie indienne dans les années 1990. Ajouté à cela la parfaite maitrise de l'anglais, et le secteur a très rapidement décollé à l'international.

Bien sur, l'ascension a été favorisé par le départ d'IBM d'Inde en 1977, qui a laissé le champs libre aux ingénieurs indiens. Mais l'Inde a su parfaitement faire jouer ses atouts dans un contexte international de libéralisation des services.

L'Inde ne restera pas éternellement le « bureau du monde »
A l'avenir, s'il n'est jamais bon de dépendre d'un seul secteur, la concurrence étrangère risque de toute façon de réduire la part du secteur dans l'économie indienne.

D'abord, l'Inde n'est plus le seul pays de la zone à parler l'anglais. Si les diplomates chinois refusaient de parler un mot d'anglais dans les années 1990, ce n'est plus le cas. Surtout, les salaires indiens vont mécaniquement augmenter. Le paradoxe indien sur lequel s'est construit l'activité des services, le sous développement et la compétence technique, risque de disparaître avec la croissance des salaires.

Ainsi, soit le pays continue sa spécialisation dans les NTIC et monte en gamme, soit le pays équilibre son économie, et développe les autres secteurs.

La deuxième solution est en bonne voix. Le gouvernement vient de lancer l'énorme marché public des infrastructures indiennes.

Par contre, je n'ai jamais entendu parler d'une « caste des industriels »...

lundi 21 février 2011

De l'art de se serrer les coudes en milieu financier


Les grandes bourses du monde semblent être entraînées dans un long processus de concentration. Ça leur a pris d'un coup, comme une envie irrépressible de se rapprocher, de s'allier, de grandir. C'est beau...

Malheureusement, j'ai bien l'impression que le grand mouvement qui a affecté toute la planète ait été provoqué par...la peur !

Oui, la peur d'être concurrencé. Par qui ? Par deux acteurs majeurs. D'abord, on l'a lu à droite et à gauche, les plateformes de trading. Ces plateformes sont de petites entités traitant uniquement par informatique, avec un staff réduit et des produits spécialisés. Une bourse de poche en somme...

L'avantage, c'est que le développement des ces plateformes a permis à des pays qui n'avaient pas les infrastructures ou la formation financière d'attirer à eux des capitaux. C'est le cas exemplaire de l'Ile Maurice, qui est en train de devenir LA place de négoce des matières premières de l'Afrique de l'Est.

L'autre effrayante menace concerne bien évidemment les places boursières émergentes. Oui, je sais, elles sont toutes en chute libre depuis janvier.....mais permettez moi de placer un « néanmoins ». Néanmoins un mouvement d'émergence ne peut pas s'arrêter sur le premier passage à vide boursier. Disons que nous sommes dans un creux alors...

Le mouvement est d'autant plus important que c'est bien le réveil des bourses émergentes qui semble avoir été à l'origine de la recomposition. Singapour et Sydney ont annoncé l'année dernière qu'ils avaient l'intention de convoler. L'objectif : L'accès aux matières premières australiennes, et la liquidité de la place singapourienne.

Dans le même sens, le boom des matières premières, entrainé lui même par le boom des émergents (tout ça finira peut être par exploser un jour, je promets rien....), a conduit au rapprochement du LSE (London Stock Exchange) et de la bourse de Toronto, elle même bien fournie en valeurs sur les mines et l'énergie.

Bien sur, la fusion de Francfort et du NYSE-Euronext semble éclipser toute les autres. En terme de capitalisation, c'est une évidence. En terme de croissance, c'est...moins sur.

A plus long terme, l'épisode qu'il ne fallait pas rater, c'est celui-ci : Le rapprochement de la bourse de Sao Paulo et de celle de Shangaï. Double cotation et valeurs minières au menu !

La création d'un axe boursier Sino-brésilien, c'est aussi fou qu'une charnière Xavi-Iniesta, ou
qu'un duo Michel Gondry et Charlie Kaufman !



Pour l'instant, les pays émergents ne font que provoquer les vielles institutions de nos pays développés....mais après la crise d'adolescence, on continue de grandir, non ?

samedi 19 février 2011

Mondes Emergents

Le Blog change de nom et élargit son angle. Petites explications pour les quelques lecteurs fidèles...


L'idée d'origine de ce Blog était de décrypter l'arrivée des pays émergents dans le monde de l'énergie. Le Turkménistan ou le Qatar ont ainsi traversé ces pages. Le gaz naturel était peut être la seule caractéristique qui expliquait que ces deux pays se retrouvent un jour sur une même page....

La nouvelle dynamique du Blog est plus large : Les pays émergents sont ils en train de créer de nouveaux mondes ?

Les émergents ont effectivement bousculé le secteur de l'énergie. Puis ce fut le cas de l'électronique, des mines, du service informatique, du soja, des IPO....

Jusqu'en 2008, nous ne doutions pas que ces pays copiaient-collaient nos modes de vie. Nous ne doutions pas de la fascination exercée par notre modèle occidental, et leur croissance était avant tout une reconnaissance de l'efficacité de notre système économique.

Depuis 2008, le doute s'est installé....

La crise économique s'est avérée plus régionale qu'internationale. Nous nous débattons encore pour en sortir, alors que les émergents ont retrouvé en quelques mois leur taux de croissance stratosphérique. Mieux préparés que nous, la crise asiatique de 1997 était passée par là, ils ont surtout bénéficié d'une montée en puissance de la consommation locale.

Depuis, de nouveaux pays comme la Chine et le Brésil, mais aussi l'Indonésie, la Turquie ou encore l'Afrique du Sud, sont montés en puissance sur la scène internationale. Leur croissance nous fascine, mais nous arrivons de moins en moins à l'expliquer.

Vous savez pourquoi les brahmanes sont à l'origine du décollage des activités de Back office indien ?

Vous savez pourquoi Danone vend du petit lait en Russie et pas en Europe ?

Vous savez pourquoi le plan fixe fait la réussite du marché du film sud-coréen ?

Les différences sociales, politiques ou culturelles prennent de plus en plus d'importances au fur et à mesure que ces sociétés se développent. Nos codes ne marchent plus pour ouvrir ces marchés. Nous avons besoin d'élargir notre connaissance de ces pays.

C'est le nouveau fil rouge de ce blog !

mardi 15 février 2011

Une révolution peut en cacher une autre : La révolution du pétrole non-conventionnel



La Révolution des gaz non-conventionnels secoue le monde de l'énergie depuis 2 ans. En quelques années, les États-Unis sont passés du statut d'importateur à celui de futur exportateur de gaz.

Or le monde du pétrole est en passe de connaitre la même révolution copernicienne. Nouvelles techniques et audace des petits indépendants font jaillir du pétrole dans des pays jusque là privés de toutes ressources fossiles.

Encore une fois, les indépendants ont grillé la priorité aux Majors...



On prend les mêmes et on recommence
Cette révolution du pétrole ressemble de très près à celle du gaz. Les lieux sont les mêmes, les technologies aussi : Il s'agit de récupérer le pétrole à partir de la roche, et non plus à partir des réservoirs classiques.

La technique consiste donc à forer de manière horizontale. Les industriels fracturent ensuite la roche en injectant de l'eau et du sable. La fracturation (fracking) va ainsi libérer d'importantes quantités de pétrole.

Ces découvertes gonflent déjà les ressources américaines
Dans le secteur du gaz, les shale gas ont multiplié les ressources américaines par 3. En ce qui concerne le pétrole, les États-Unis sont très optimistes. Le potentiel des ressources en shale oil pourrait représenter plus de 6 milliards de barils.

Pour le seul gisement de Bakken Shale, les ressources s'élèveraient entre 3 et 4.3 milliards de barils selon l'U.S. Geological Survey. Hors Alaska, ce gisement deviendrait le plus grand gisement de pétrole des États-Unis !

Cette nouvelle ère pétrolière aux États-Unis va durer
La raison est triple :

1.L'effet Macondo : Le Golfe du Mexique a été mis en quarantaine. La production de cette région devrait baisser de 82 000 barils par jour en 2011. Par conséquent, l'on-shore revient à la mode.

2.Les coûts d'exploitation sont bien moins élevés que le pétrole off-shore. Un baril à 40$ rend l'exploitation des shale oil rentable. Avec les prix actuels, les producteurs se paient même le luxe d'avoir des retours sur investissement proche de 100% !

3.Les shale oil sont essentiels pour réduire la dépendance énergétique américaine. Ils pourraient remplacer jusqu'à 10% des importations américaines quotidiennes.

La France devient un état pétrolier
En Europe, la révolution se propage aussi. Les perspectives de hausse des cours du pétrole ont transformé certains pays en eldorados pétroliers. C'est le cas de la France !

Paris, sa tour Eiffel, son sacré-cœur, et ses derricks ! La région Ile de France est effectivement une zone d'exploration pour les shale oil. Ces ressources pourraient permettre à la France de couvrir 5 % de ses besoins en pétrole.

Là encore, les indépendants conduisent les opérations. « Hess » et « Toreador » sont en première ligne. Ce dernier a même décidé de se faire coter en Europe pour l'occasion.

Les indépendants mènent le bal, encore une fois
L'exploitation du shale gas avait été le fait des petits producteurs. Ils avaient eu l'idée avant tout le monde de forer à l'horizontal. Le développement des shale oil prend le même chemin. Ce sont les petits pionniers des shale gas qui adaptent leurs technologies au pétrole.

Les indépendants comme « Devon Energy » ou « Petrohawk Energy » ont encore une fois échappé aux radars des Majors.

Le pétrole, bien plus profitable que le gaz
Ce mouvement de conversion vers le pétrole est économiquement rationnel. Les pionniers du gaz non-conventionnel ont bien compris leur intérêt.

L'exploitation des shale gas a fait passer les cours du MBTU de 13$ en 2008 à 4$ aujourd'hui. Et la bulle gazière ne devrait pas se dégonfler avant 2013.

Or selon l'IEA, le pétrole restera autour de 100$ en 2011. La première conséquence a été une envolée du prix des terrains. Le prix de l'acre de Bakken Shale est passé en à peine deux ans de 300$ à 12 000$ !

La technologie, la clef du succès
Dès 2009, on savait que les shale gas allaient révolutionner la politique énergétique américaine. Aujourd'hui, les analystes rivalisent en conjectures pour anticiper l'impact des shale oil.

Si le marché des énergies non-conventionnelles évoluera encore, une valeur restera : La technologie.

Les cours du baril ou du MBTU resteront volatiles, mais les sociétés qui maitrisent la technologie des forages resteront en première ligne.

Les « fracker », les Apple du secteur pétrolier
La Chine a bien compris que la technologie était la clef de ce marché. Elle investit depuis 2 ans dans les shale gas américains. L'objectif n'est pas d'acheter du gaz, mais bien d'acheter les technologies de fracking.

Sur les shale oil, la logique est la même. Les compagnies qui détiennent les technologies du petro-fracking, comme la canadienne « Trican Well Service », tiennent le marché. C'est avec elles que les Majors négocieront leur entrée sur ce secteur.

Elles seront les vrais bénéficiaires de la révolution des shale gas et shale oil..

mardi 1 février 2011

Total accélère son développement en Afrique


Total décidé à explorer le sous-sol africain
Qui a dit qu'il n'y avait bientôt plus de pétrole ? L'Afrique est sur le point de devenir un nouvel eldorado pour les compagnies pétrolières. Première d'entre elle, Total. Jacques Marraud des Grottes, directeur Afrique du géant pétrolier, a annoncé cette année que le groupe compterait de plus en plus sur l'Afrique pour accroitre sa production de pétrole. La production du groupe devrait passée de 750 000 barils de pétrole produits par jour en Afrique, soit un tiers de la production, à 1 million de barils d'ici 2015. Installé historiquement en Afrique de l'ouest, le groupe a ainsi multiplié ces dernières années les projets sur tout le contient.Le pétrolier s'est en particulier bien installé dans le Golfe de Guinée. Déjà présent au Nigeria, Total a fait une entrée remarquée en Angola, et guète impatiemment la mise aux enchères des blocs prometteurs de Kwanza en 2011. Surtout, le vrai tournant stratégique a été sa décision d'étendre de 20% son domaine minier sur le continent en explorant en priorité les pays peu ou mal connus. Cette décision constitue une petit révolution pour le groupe, qui a longtemps été moqué pour sa trop grande prudence. Après la Cotes d'Ivoire et Sao Tomé, le groupe pourrait investir prochainement en Mauritanie. Ces évolutions sont sous-tendues par l'amélioration des techniques de forage en offshore profond, ainsi que par la hausse tendancielle du baril remarquée ces dernières années.

Total étend son réseau de distribution
Si l'Afrique est dépendante des technologies de Total, Total l'est tout autant de l'Afrique pour sa croissance. Total y a trouvé un bon moteur de croissance pour ses activités de distribution, quand ces mêmes activités déclinaient en Europe. Cette dépendance risque de s'accentuer dans les années à venir, car le groupe français s'est peu diversifier en direction de l'Asie, comme l'on fait Shell ou BP. C'est pourquoi Total s'accroche à ses 12 % de parts de marché en Afrique. Le groupe a d'ailleurs révélé en début d'année qu'il entendait atteindre 15% dans les 5 ans. Total a notamment décidé d'investir prioritairement dans les régions à forte croissance. C'est le sens donné au rachat du réseau de distribution de Chevron au Kenya, après celui d'Ouganda. De manière globale, le groupe a l'intention de capitaliser sur sa présence historique sur le continent et sur sa maîtrise des infrastructures, notamment des capacités de stockages dans les ports. Total mise également sur son organisation interne par région, plutôt que par type d'activité, qui lui permet d'être davantage au contact du terrain. Il faut noter que le dynamisme de Total en Afrique détonne dans le milieu des pétroliers, qui a plutôt eu tendance à se désengager du continent ces dernières années. Shell a récemment vendu ses activités de distribution dans 21 pays. BP a également cédé ses stations en Namibie et au Zimbabwe.

Total achète 99% du sous-sol malgache
Total mène actuellement un projet très controversé à Madagascar (ici un manifestant de Greenpeace dénonçant l’exploitation des sables bitumineux par Total, notamment à Madagascar). L'exploitation des réserves d'hydrocarbures, sous forme de sables bitumineux, a commencé il y a deux ans sur l'île. Total a dépensé 100 millions de dollars pour acquérir 60% des parts du gisement de Bemolanga. Les termes de contrats d'exploitation ont été révélé par le « Guardian » en novembre dernier. Le groupe français, avec son partenaire « Madagascar Oil », bénéficie de conditions d'exploitation inédites dans le secteur, puisque les termes de l'accord accordent aux opérateurs étrangers 99% des recettes tirées de la vente du pétrole pendant 10 ans. L'État se contentant donc de...1%. On est loin des 60-65% avancés par le ministère des mines en 2008. Lorsque l'on sait que l'exploitation des sables bitumineux est une des industries les plus polluantes au monde, on peut craindre pour l'environnement déjà très fragile de l'île malgache.

Article publié initialement dans "Les Afriques". Janvier 2011.

vendredi 28 janvier 2011

Terres Rares, le boom ne profitera qu'à une poignée de sociétés


Les terres rares sont au XXIème siècle ce que le pétrole a été au XXème, les clefs de la croissance !

Les terres rares sont un groupe de 17 métaux aux propriétés physiques exceptionnelles. Ils répondent aux doux noms de Néodyme, Ytterbium ou encore Dysprosium.

Comme le pétrole, la production est concentrée dans une seule région : La Chine. Le problème, c'est que Pékin veut de moins en moins partager sa production.

Depuis 2005, le pays réduit de 12% chaque année ses exportations.

Le dernier épisode s'est déroulé fin décembre. Une nouvelle baisse des quotas a entrainé un nouveau tollé général des gouvernements occidentaux.

Enjeux géoéconomiques et hyper-concentration de la production, les plus grands scénaristes de science-fiction en rêvaient. Je ne serais pas étonné que 007 soit bientôt envoyé en Mongolie intérieure pour sauver une cargaison de terres rares.

Mais avant d'investir sur les studios de cinéma, je vous propose de profiter de cette situation. Peu d'acteurs sont assez proches de Pékin pour profiter de sa production.

C'est là que des opportunités se profilent...

La Chine a besoin de terres rares pour monter en gamme


La Chine produit de moins en moins de transistor, et de plus en plus d'écrans plats. Elle produit de moins en moins de vélo, mais de plus en plus de voitures électriques. Or cette montée en gamme exige de plus en plus de terres rares.

Contrairement à la dynamo, la batterie des voitures électriques utilise plusieurs kilos de néodyme. Autre exemple, les écrans plats tirent leur luminosité de l'Yttrium et du Cérium.

Ces produits vont devenir de plus en plus courants dans notre vie.

La Chine produit, transforme et consomme ses terres rares
Le grand grand tournant chinois a été le réveil de sa consommation intérieure. Désormais, les chinois consomment leurs terres rares.

La première destination industrielle des terres rares est les aimants permanents. Or la Chine est déjà leader sur ces secteurs. La Chine produit 75% des aimants permanents dans le monde.

Avec ces aimants, Pékin développe son parc d'éoliennes, son parc automobile et ses réseaux de télécommunication.

L'avenir des terres rares est plus que jamais chinois
La Chine tient le marché entre ses mains. Pour deux raisons :

1.D'abord, il n'existe pas d'alternatives. Les propriétés de ces éléments sont exceptionnelles. Elles le sont tellement que nous découvrons tous les jours de nouvelles propriétés.

2.La mise en route d'une mine est extrêmement longue. Si l'arrêt d'une mine prend quelques semaines, son redémarrage prend plusieurs années. Or c'est la Chine qui détient actuellement le savoir-faire technologique pour creuser et exploiter.

Investir dans les terres rares passe donc obligatoirement par la Chine.

Les opportunités existent : Pénétrez au cœur du dragon !
La Chine n'a pas construit son monopole en quelques mois.

Sa stratégie s'est élaborée en deux temps : D'une part concurrencer les autres pays avec ses faibles coûts de production. Ensuite attirer les groupes étrangers sur son sol.

L'objectif à terme était d'acquérir les technologies d'exploitations les plus performantes. La séparation des minerais entre eux est une activité extrêmement coûteuses et techniques.

Cette stratégie a marché au de-là des espérances. Les groupes privés leaders dans la production de terres rares dans les années 1990 sont désormais tous installés en Chine.

Les acteurs étrangers implanté en Chine seront privilégiés
De nombreux groupes étrangers ont été autorisés à piocher dans le sous-sol chinois. Ces groupes bénéficient d'un traitement privilégié car ils apportent les technologies les plus performantes.

Parmi ces grands groupes, nous retrouvons des noms familiers. Ainsi « Rhodia » est un acteur implanté depuis longtemps en Chine. C'est également le cas avec « Neo Material Technologies », une société minière canadienne qui a ses entrées en Chine.

Alors que tous les gouvernements essaient vainement de réveiller leurs anciens fleurons miniers, je vous conseille de regarder les groupes solidement implantés en Chine.

L'ETF, l'indice qui va faire des étincelles !
Depuis peu, vous disposez d'un nouveau moyen pour profiter du décollage des terres rares. Il s'agit d'un ETF(NYSE:REMX).

L'ETF a été lancé en fin d'année 2010. Tous les noms qui compteront dans les années à venir sont réunis.

Les gains commencent à peine à s'accumuler. Profitez en !


Article paru sur "l'Edito des Matières premières" : http://www.edito-matieres-premieres.fr/

samedi 22 janvier 2011

L'État français à reculons devant l'ouverture du marché de l'électricité


La concurrence oui, à condition qu'elle nous profite. C'est en quelques mots l'essence de la loi Nome, adoptée définitivement mercredi 26 novembre 2010. La loi Nome, pour « Nouvelle Organisation du Marché de l'Électricité », est une nouvelle étape dans le processus de libéralisation du marché décidé par les gouvernements européens en 1998. Lancé en pleine euphorie libérale des années 1990, l'enthousiasme s'est depuis considérablement essoufflé devant la montée des prix du kWh. La France mène ainsi depuis plusieurs années une politique ambiguë face à ce mouvement de libéralisation emmené la Commission Européenne. La Loi Nome lui permet de rester au milieu du guet encore quelques temps. Pourtant, la France devra définir dès 2011 un tarif définitif d'achat du kWh à Edf. Cette décision nous donnera un premier indice sur la stratégie française dans ce vaste mouvement de « libéralisation à marche forcée des marchés de l'énergie » pour reprendre l'expression de Jean-Marie Chevalier.

Un mouvement de libéralisation amorcé dans les années 1990
A l'origine était la concurrence. Depuis 1957, et plus encore après 1991, la libéralisation était devenue un gage d'efficacité des marchés. L'expérience anglo-saxonne avait notamment été jugée très concluante. C'est ainsi qu'en 1998, l'Union Européenne prend la décision de créer un marché de l'énergie unique et libéralisé. Gaz et Électricité sont concernés. La France accepte les directives de libéralisation des marchés électriques en 1998. Suivrons deux nouvelles directives, en 2004 et 2009. L'objectif est d'ouvrir les réseaux et de réformer l'organisation intégrée des grands groupes énergétiques. La France, comme l'Allemagne, est alors consciente que la libéralisation partielle du marché européen lui donne un avantage économique. Edf, comme E.ON ou RWE, maitrise la production, le transport et la commercialisation de leur énergie. Le monopole dispose d'un pouvoir de projection à l'étranger que l'ouverture des marchés va lui permettre de faire fructifier.

Edf surfe sur la vague de libéralisation du marché européen
Edf et GDF s'aventurent donc hors de leurs frontières, et investissent en Italie, en Belgique, en Angleterre et en Allemagne. L'atout français sur la scène européenne est son faible cout de production du kWh. Il existe deux types de tarifs de l'électricité en France. D'une part les tarifs de l'électricité régulé, qui proviennent de l'électricité hydraulique et surtout nucléaire, et d'autre part les tarifs de l'électricité thermique. Ces derniers prix ont tendance à s'aligner sur les prix du pétrole, du gaz, et souvent du charbon. Ainsi, l'avantage de la France est de posséder des faibles couts de production et une moindre volatilité. Par exemple, l'investissement en Angleterre, avec le rachat de « British Energy » par Edf, a été permis par la vente d'électron au prix du nucléaire. Pourtant, les conséquences à moyen terme de la libéralisation mécontentent État et industriels

L'État contraint d'entamer le monopole d'Edf
La Commission Européenne finit par s'agacer du manque d'application de l'État français dans la libéralisation de son secteur énergétique. La Commission Européenne rappelle notamment que le processus de libéralisation n'avait pas pour vocation de permettre aux fleurons énergétiques français et allemands d'envahir le marché de leur voisins. 10 ans après la première loi sur ce secteur, Edf reste l'opérateur ultra-dominant en France, et s'est considérablement étendu à l'étranger. Encore plus grave pour la Commission, il continue à contrôler indirectement le réseau électrique, ainsi que la formation des prix du kWh (régulés donc). Mais l'État n'est pas pressé d'ouvrir son marché. Le prix du kWh sur la nouvelle bourse de l'énergie, « Powernext », est nettement plus haut que le kWh français. Économiquement parlant, la France aurait tout intérêt à rester à l'écart de ce marché qui l'obligerait à payer plus cher son kWh. Comme le note ironiquement l'ancien PDG d'Edf, Marcel boiteux, « avec la suppression des tarifs régulés que demande Bruxelles, il ne s’agit donc plus, comme on pouvait le croire initialement, d’ouvrir la concurrence pour faire baisser les prix, mais d’élever les prix pour permettre la concurrence ». L'État français va ainsi continuer à louvoyer quelques années, pour finalement sortir un loi de libéralisation « molle ». Et la loi NOME fut.

NOME, Nouvelle Organisation Manifestement Équivoque
La loi NOME est un compromis. Pour l'anecdote, la validation de cette loi par la Commission a été acquise alors que Manuel Barrosso cherchait des voix pour sa réélection à la tête de la Commission Européenne. En substance, l'objectif de la loi est de faire bénéficier d'autres acteurs de la rente nucléaire grâce à laquelle Edf propose un tarif inégalé en Europe. Edf va devoir vendre jusqu'à un quart de sa production à ses concurrents, à un prix fixé par la CRE (Commission de Régulation de l'Energie). Les alternatifs espèrent un prix assez bas pour rendre leur activités compétitives. Ils ne pourront cependant pas revendre ces kWh à l'étranger. Cette loi a immédiatement été contestée par le premier acteur concerné, Henry Proglio, patron d'EDF. Pourtant, c'est l'État lui même qui a décidé de nommer cette figure forte et dirigiste du capitalisme français. L'État dévoilait ainsi sa schizophrénie en poursuivant d'un coté la libéralisation d'un secteur, et en renforçant de l'autre la nature monopolistique de son énergéticien. Seul le niveau de prix de revente du kWh nucléaire permettra de mesurer les choix stratégiques fait à la tête de l'Etat. Edf exige 42 €/Mwh, suivi d’une hausse annuelle de 3,5% par an. Les alternatifs proposent 34€.

Edf veut redevenir un géant européen
La question du prix du kWh englobe une problématique bien plus vaste, celle des ambitions d'Edf, et de son premier actionnaire, en Europe. Après une phase d'expansion dictée par les besoins de rentabilité, Edf est en train de se replier rapidement sur ses terres. Après la désillusion américaine, l'horizon d'Edf est fondamentalement européen. Ses atouts industriels lui confèrent encore un avantage indéniables sur ses concurrents. La preuve de ces ambitions retrouvées se trouvent à Flamanville et Penly. L'opérateur est en train d'y construire deux nouveaux générateurs de 3ème générations qui sont destinés à vendre leur production sur les marchés de gros européens. La fixation du prix de revente du kWh constituera pour Edf un élément déterminant dans sa stratégie de développement sur le continent. La décision de l'État sera lourde de sens.

Deux scénarios sont possibles : le « libéral », le « hors la loi ».
Dans le scénario « libéral », l'État français poursuit le mouvement de libéralisation du marché et fixe un prix du kWh assez bas pour privilégier les alternatifs. Les échéances 2015 et de 2020 permettront définitivement aux alternatifs de rentrer sur la scène française, en vendant sur les marchés européens ces kWh nucléaire. En parallèle, ces groupes se seront probablement équipés en capacités de production thermique, et se présenteront comme de réels concurrents à Edf. Le résultat, un prix du kWh plus cher pour le consommateurs, une plus grande dépendance à la volatilité due aux prix du thermique, mais de plus grosses rentrées pour l'État. Un deuxième type de scénario pourrait être appelé « hors-la-loi ». Récemment, Jean-Marie Chevalier a rappelé que le traité de Rome en 1957 a contribué à qualifier « d'illégal tout ce qui n'était pas géré par le marché ». L'Etat pourrait ainsi choisir de rentrer dans l'illégalité en refusant avec d'autre pays de poursuivre cette libéralisation du marché. Le caractère intégré d'Edf serait conservé, au profit du consommateur français.

Pour l'instant, nous n'en sommes qu'au scénario de politique-fiction. La crise a cependant amorcé une réflexion sur les excès de la libéralisation des marchés. Cette réflexion atteindra peut être un jour le secteur de l'énergie. En attendant, l'État devrait réfléchir à une nouvelle Directive européenne à proposer, réduisant considérablement la dynamique libérale au profit d'une réflexion davantage centrée sur le consommateur.

lundi 10 janvier 2011

Pétrole et gaz, l'Asie se met en ordre de bataille

En ce début d'année 2011, plein phare sur l'Asie !

Lorsque l'on parle de l'Asie, on pense tout de suite à la Chine. Bien sûr, mais pas seulement...

Car cette décennie sera celle de l'Asie toute entière. Derrière l'empire du Milieu, l'Asie du Sud-Est et l'Océanie émergent.

Or ces pays auront besoin d'énergie, et en grande quantité. Et leurs jeunes compagnies énergétiques auront besoin de capitaux pour grandir.

Une demande exponentielle de l'Asie tirée par la Chine...
La Chine vient de quasiment doubler sa demande énergétique en à peine 10 ans !

Aujourd'hui, le pays est devenu le premier consommateur d'énergie au monde. Et le pays n'en finit pas d'accumuler les performances.

Pékin est en passe de devenir le premier consommateur de pétrole au monde. Selon l'AIE, Pékin comptera pour 40% de la demande mondiale cette année.

...et les nouveaux émergents
La demande énergétique du continent asiatique vient d'enregistrer 8,5% de croissance en 2010. Les énergéticiens anticipent déjà une demande en forte hausse pour 2011.

En Inde, le taux de croissance devrait se maintenir autour de 7%-8%. La demande en hydrocarbures, pétrole, charbon, gaz naturel, devrait ainsi bondir d'environ 40% sur les 10 prochaines années.

En Asie du Sud-Est, la croissance a atteint 7,4% en 2010. La Malaisie et la Thaïlande deviendront bientôt des acteurs énergétiques de premier plan.

Ces pays sont assis sur des trésors inexplorés
De nombreux pays asiatiques n'ont pas encore exploité leurs ressources. L'Agence de l'énergie américaine estime par exemple que les réserves pétrolières indiennes sont de l'ordre de 5,6 milliards de barils !

En Malaisie, les ressources s'élèveraient à 4 milliards de barils. Ce pays pourrait devenir bientôt le quatrième hub pétrolier et gazier en eau profonde du monde, après Houston, Rio de Janeiro et l'Europe.

Ces compagnies se renforcent à l'international
Les compagnies énergétiques asiatiques sont toutes engagées dans une course aux actifs énergétiques à travers le monde.

Après les Chinois, l'Australie a vu déferler sur elle des vagues d'investisseurs coréens ou malaisiens.

Ces groupes se sont même aventurés bien au-delà. Les sables bitumineux canadiens ont attiré la plupart des acteurs asiatiques. L'Irak a également fait la part belle aux compagnies chinoises et malaisiennes en 2009.

Les compagnies chinoises, des valeurs de plus en plus sûres
Les firmes chinoises ont su profiter de la stagnation des prix du baril pour investir à l'étranger. En tout, elles ont dépensé 24 milliards de dollars en acquisitions en 2010.

D'abord, leur cible a été les sables bitumineux canadiens. Sinopec, CNOOC et Petrochina sont désormais massivement présents dans les plus grands projets du pays.

Les Chinois n'ont pas non plus raté la découverte du pétrole brésilien. Cette année, Sinopec a finalisé son entrée à hauteur de 40% dans la filiale brésilienne de Repsol, présente dans les zones pré-salifères brésiliennes.

+75% en deux ans pour ONGC, l'Indien amorce son décollage


L'Inde est l'autre géant de l'énergie en Asie. Pour moi, le marché indien présente un potentiel encore plus grand que le marché chinois.

La compagnie nationale ONGC, (Oil and Natural Gas Corporation) commence tout juste à sortir hors de ses frontières. Après avoir investi en Afrique et au Vietnam, la compagnie souhaite désormais investir en Australie et en Birmanie, déjà courtisées par la Chine.

Derrière ONGC, les prometteurs Reliance energy et IOC (Indian Oil Corporation) commencent à apparaître.

Découvrez les petites valeurs qui montent
Derrière les gros mastodontes asiatiques émergent également plusieurs sociétés dynamiques.

Le Coréen Knoc a frappé un grand coup en septembre, avec le succès de son OPA agressive sur le Britannique Dana Petroleum. Aujourd'hui, le Coréen est également présent au Canada, en Amérique du Sud et au Kazakhstan, traditionnelle chasse gardée chinoise.

Le Thaïlandais PTT a à son tour investi dans les sables bitumineux canadiens. Le Malaisien Petronas a également l'intention de s'étendre. Le Venezuela et l'Irak font partis de ses priorités.

Qui fera la course en tête ?
Une valeur se distingue particulièrement : CNOOC

D'abord, les compagnies chinoises restent des valeurs attrayantes. Les trois principales (Sinopec, CNOOC et Petrochina) sont cotées sur le NYSE. Mention spéciale à CNOOC, qui a enregistré +135% depuis 2 ans à New York.

Pour ceux qui aiment l'incertitude, ONGC constitue un beau pari. Le géant indien commence tout juste à monter en puissance.

ONGC va bientôt ouvrir son capital afin de financer son développement. Il pourrait bien devenir un jour un des 5 ou 6 géants de l'énergie.

lundi 20 décembre 2010

La Chine, à l'épreuve de sa dépendance énergétique


La Chine met tout en œuvre depuis 30 ans pour assurer l'approvisionnement en énergie de son économie. L'accroissement des besoins a eu de lourdes conséquences sur le plan interne et externe. Confrontée à des problèmes environnementaux, la Chine a commencé à donner une nouvelle inflexion à sa politique énergétique. Sur le plan extérieur, sa dépendance énergétique croissante a souvent amené la Chine à structurer sa politique étrangère en fonction de ses besoins énergétiques. Pourtant, la reconnaissance de ces problèmes rentrent régulièrement en contradiction avec la satisfaction internationale de voir un pôle de croissance assurer de nouvelles débouchés commerciales. Coincé entre problématiques environnementales et économiques, voire sociales, Pékin a avant tout besoin des meilleures technologies pour espérer un jour conjuguer croissance et environnement.

La Chine victime de sa croissance
Dans une récente conférence, organisée par la revue « Passage », Mr Zhang, conseiller à l'ambassade de France en Chine, s'est exprimé sur les besoins énergétiques grandissants de son pays. Le conseiller a reconnu que l'énergie était le véritable point noir du modèle de développement chinois. Deux conséquences ont été en particulier soulignées, la dépendance vis-à-vis de l'étranger, et les problèmes environnementaux que rencontrent le pays. Principal accusé, le charbon. La Chine est dépendante à 91% des énergies fossiles pour sa consommation d'énergie primaire, dont 70% pour le charbon. Sa part dans le mix énergétique chinois semble malheureusement condamnée à augmenter. Sa part était de 61% il y a 10 ans. Cette dépendance est dangereuse. « Parmi les 100 villes les plus polluées au monde, un tiers sont chinoise » a rappelé Mr Zhang.

Le 12e plan quinquennal change la donne
La Chine a pourtant commencé à investir massivement dans les énergies du futures. Le pays a multiplié les investissements dans les énergies renouvelables, notamment depuis l'annonce du 12e plan quinquennal en novembre dernier. L'objectif est de faire passer la part du renouvelable de 7% à 15% dans le mix énergétique chinois d'ici 2020. Dans l'énergie hydraulique, le pays a l'intention d'augmenter de 50% ses capacités d'ici 2015, pour atteindre 300 000 MW. La Chine a également promu au rang de priorité nationale la rénovation de son réseau électrique, qui est responsable de 8% de déperdition. Les « réseaux intelligents » seront notamment introduits. Schneider Electric, IBM ou encore GE entendent profiter de ce marché. En ce qui concerne le nucléaire, Hervé Machenaud, responsable de la production et de l'ingénierie chez EDF, et directeur d'EDF Asie-Pacifique, a rappelé lors de cette rencontre que la Chine est en train de mener « le plus grand programme nucléaire jamais réalisé dans le monde ». Pourtant, ce programme ne permettra pas de modifier radicalement la consommation énergétique chinoise. Malgré la réalisation de 10 unités par an, le pourcentage du nucléaire dans le mix énergétique n'évoluera pas au dessus de 5% d'ici 2020.

La diplomatie chinoise, entre la politique étrangère et la politique énergétique
Ces besoins énergétiques entrainent une forte dépendance de la Chine vis-à-vis de l'étranger. 50% du pétrole consommé en Chine est actuellement importé. Le pourcentage devrait passer à 75% d'ici 2050. Cette dépendance est un facteur d'inquiétude pour le gouvernement chinois. La politique étrangère et la politique de défense ont ainsi été modelées pour sécuriser les approvisionnements. Jean-Pierre Lafon, ancien ambassadeur de France en Chine, nous a expliqué la nature profondément « stratégique » de la politique étrangère chinoise actuelle. Sur le plan régional d'abord, la Chine a normalisé ses relations avec ses voisins. Cette stratégie lui a ainsi permis de signer de nombreux contrats énergétiques, notamment avec la Birmanie, le Kazakhstan, le Turkménistan et la Russie. Au plan international, la Chine est devenu un partenaire commercial majeur pour l'Afrique. Les États pétroliers africains comme le Gabon, le Soudan et l'Angola ont tous signé des accords avec leur partenaire chinois. La Chine a également massivement investi en Amérique du Sud, où le Brésil fait désormais figure de nouvel eldorado pétrolier, ainsi qu'au Moyen Orient. Militairement, la Chine a fait le choix de développer prioritairement sa marine. Ce choix correspond à la volonté de sécuriser les voies d'approvisionnement en hydrocarbures, notamment autour des Détroits d'Ormuz et de Malacca. 80% des importations de pétrole transitent par ce dernier Détroit.

Les opportunités en Chine sont devant nous
De l'avis général, l'accroissement de la dépendance énergétique chinoise offre des opportunités économiques aux partenaires étrangers, notamment français. Mr Zhang a pointé du doigt les possibilités de collaborations sino-françaises dans le secteur de l'agriculture et des sciences et technologies. « S'il y a des défis à surmonter, il y toujours des opportunités » a t-il ajouté. Dans une formulation moins asiatique, Mr Machenaud s'est retrouvée dans cette vision. Le directeur Exécutif d'EDF a rappelé qu'avec un salaire par tête 10 fois inférieur à celui du salaire américain, les marges de progression de l'économie chinoise restent encore très importantes. En particulier, la poursuite de l'urbanisation contrôlée devrait offrir de nouvelles opportunités de croissance.

Démysthifier le transfert de technologies
La question des transferts de technologies s'est alors imposée dans le débat. Le représentant de l'ambassade de Chine a appelé à intensifier les transferts de technologies entre la France et la Chine, tout en déplorant le coût de ces technologies. Mr Zhang a souligné au passage que ces transferts sont souvent un gage de durabilité pour les partenariats conclus avec des entreprises étrangères. Dans le même sens, Mr Machenaud a exhorter les groupes français à se « sortir d'une vision malthusienne des transferts de technologies ». Le directeur exécutif d'EDF a pris le cas d'Alstom pour illustrer son propos. La société françaises a réussi à remporter un deuxième contrat dans le domaines des turbines hydrauliques, après un premier contrat où le constructeur français avait vendu ses technologies. Cette réussite s'explique par les efforts constant du constructeurs pour améliorer ses technologies, lui permettant de se présenter constamment sur les marchés avec un produit innovant. « Les technologies s'améliorent là où elles sont produites » a t-il conclue.